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       Année de la Vie Consacrée au Canada


L’année 2015 a été nommée « L’année de la Vie Consacrée. »

Notre vie à tous est une vie consacrée. Sacré veut dire "mis à part". Depuis notre baptême, nous sommes tous mis à part pour Dieu en suivant Jésus-Christ. Le nouveau rituel du baptême nous invite à être des personnes d’accueil, d’écoute de la Parole de Dieu qui nous vient par la lecture de la bible, les sacrements, les autres et l’Esprit-Saint. Nous avons été plongés dans l’eau du Père, du Fils et de l’Esprit. Nous sommes habités par la Trinité. Nous sommes devenus prêtres, prophètes et rois ou reines. Notre baptême nous demande donc de vivre en personnes consacrées. À l’intérieur du baptême, chacun a reçu un appel spécial. Avec toute l’Église, nous sommes invités cette année à vivre notre vie de consacrée.

Cependant, le pape François, en dédiant cette année à « La vie consacrée », pensait plus spécialement aux religieux et religieuses. Lors d’une rencontre avec les responsables des congrégations de femmes, il proposait aux religieuses, entr’autre :
1. de vivre dans l’action de grâce pour tout ce qu’elles avaient accompli dans l’Église.
2. d’envisager l’avenir avec confiance, de témoigner qu’il était beau de suivre le Christ.
3. de revenir sur l’héritage des fondateurs et d’être présent dans les périphéries c’est-à-dire dans les endroits qui en ont le plus besoin, soit les pauvres de toute catégories.
4. de raconter leur grande histoire.

C’est cette grande histoire de notre communauté dont je veux m’entretenir avec vous maintenant : celle des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus qui vivent au milieu de vous depuis bientôt 30 ans.


À l’occasion de la réunion de nos provinces canadiennes, le Québec et l’Ontario, on m’avait demandé avec une autre religieuse de notre communauté de rédiger notre énoncé de mission. En partageant cela avec vous, vous allez nous reconnaître.


Angélique Le Sourd est notre fondatrice. C’est une femme pauvre, mais pleine de compassion et d’une grande foi qui se manifestent dès son enfance. Elle a 22 ans quand éclate la révolution française de 1789. C’est la misère. On dit d’elle « qu’elle était la Providence visible de tous ceux qui souffraient ou qui étaient dans le besoin  ». C’est de son charisme qu’est née la congrégation des SSCJ. Très tôt, trois autres compagnes se sont jointes à elle et ont décidé de vivre ensemble pour être plus à même de faire le bien autour d’elles. Avec le temps, nous avons pris un nom : Sœurs du Sacré Cœur de Jésus. La racine de notre charisme, c’est la contemplation du Cœur du Christ comme fils du Père et frère de tous. Nous sommes appelées à être présence de tendresse et de miséricorde, spécialement auprès des blessés de la vie, et cela jusqu’à la fin de nos jours. 
Ranimer la foi et restaurer ce qui est démoli, abimé, est un héritage transmis par la fondatrice et c’est une priorité pour nous de vivre cela en toute situation et en tout lieu. Dans cet esprit, nous sommes solidaires du pauvre aux multiples visages. Nous travaillons à la promotion de la personne, à la manière d’un Dieu-Amour passionné pour la vie.
Nos fondatrices étaient femmes de leur temps. Nous sommes invitées à l’être, nous aussi, aujourd’hui dans un monde éclaté, individualiste, en quête de sens. Notre monde en est un de la technologie. Nous avons à l’utiliser pour être à même de faire du bien autour de nous. Notre pape François nous invite à être présentes là aussi.
C’est pourquoi, puisque je ne suis plus à même d’être impliquée dans la paroisse comme je l’étais auparavant, j’ai décidé d’utiliser l’internet. Alors, j’ai mis sur pied un site sur les psaumes et un autre sur l’homélie aux temps forts de l’année liturgique.

Notre pape François qui est lui-même un religieux, il est Jésuite, demande que cette année soit une année d’action de grâce pour tout ce que les religieux ont accompli dans l’Église. Malgré le mal que l’on met en évidence dans les médias, il nous faut reconnaître que les communautés religieuses ont fait beaucoup, pas seulement pour l’Église, mais pour les gens des pays où ils ont travaillé.

Il y aura toujours des communautés religieuses dans l’Église, même si la forme actuelle est peut-être en voie de disparaître. Que cette année en soit une où l’on envisage l’avenir avec confiance ; Une année où on invite les jeunes à la vie religieuse par notre témoignage et par notre joie de vivre.

Dans sa rencontre avec les supérieures générales des communautés religieuses, le pape a appuyé sur trois exigences qui conviennent à tous :
* Le caractère central du Christ
* Le service
* Travailler dans et avec l’Église.

Le pape est lui-même religieux. Il a choisi dans sa jeunesse de consacrer sa vie au Christ par les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Quand il s’adresse aux religieux, il sait donc de quoi il parle.

Pour lui, la pauvreté consiste en un « exode », c’est-à-dire une sortie de soi, se dépouiller de ses projets.
Aujourd’hui, je pensais vous parler de mon appel à la vie religieuse. Mais le comité de liturgie m’a demandé de m’entretenir avec vous de la " vie consacrée " en général et de notre communauté de SSCJ. J’ai dû me dépouiller de mon projet. Cela n’arrive pas seulement aux religieux.
D’après le pape François, la vie religieuse est chemin d’adoration et de service. Pour nous, les SSCJ, nous ne sommes pas des adoratrices comme le sont les cloitrés ou comme le sont certaines communautés sous le vocable du Sacré-Cœur. Notre adoration est dans le service du pauvre aux multiples visages, en qui nous adorons Dieu.

Le vœu de chasteté n’est pas une privation de tout amour, mais une chasteté féconde qui enfante des enfants spirituels dans l’Église. Le pape ajoute, la femme consacrée est une mère et non une vieille fille. Il appelle les consacrées à la joie de la fécondité spirituelle. À la joie parce que c’est beau de suivre Jésus. Maternité, affection, tendresse ! Intuition de mère. Voilà son vocabulaire.

On n’évangélise pas tout seul, mais dans et avec l’Église.
Je pense que notre fondatrice et nous à sa suite, sommes bien d’Église. Nous sommes des religieuses paroissiales, proches des gens et cela dès les débuts de la fondation. Nous sommes dans la périphérie dont parle notre pape. Nous avons bien sûr le souhait que notre charisme continue, mais comme répète souvent le pape, la pauvreté c’est un « exode » une sortie de soi et de ses projets. Si notre service n’est plus nécessaire à la manière dont nous le vivons maintenant, c’est bien de laisser à d’autres genres de vie consacrée de jaillir. Ça toujours été comme ça dans l’Église. Cependant tant que nous sommes là, nous voulons vivre notre charisme de tendresse et de miséricorde jusqu’au bout et au milieu de vous ou dans les endroits où nous sommes envoyées.

Notre vœu d’obéissance, est l’obéissance à la volonté de Dieu, mais pour nous, cette obéissance passe souvent par la médiation de nos supérieures. Cette obéissance est bien différente aujourd’hui de ce qu’elle était autrefois. Je vais vous donner un exemple personnel. Quand on m’a demandé de venir au Canada, alors que j’avais 19 ans, la supérieure générale, m’a demandé : « Ma fille, aimeriez-vous aller au Canada ? Je lui ai répondu : Oh non ma Mère. Il y a deux choses que je n’aimerais pas en communauté : je ne voudrais pas être infirmière et je ne voudrais pas aller à l’étranger. Elle a continué en me disant, « mais, ma fille, si on vous demandait d’aller au Canada, qu’est-ce que vous feriez ? Dans mon innocence, j’ai répondu : « Eh bien, ma Mère j’ai fait le vœu d’obéissance, j’obéirais ». Elle a continué en me disant : « Eh bien c’est ça ma fille, vous allez obéir et vous allez aller au Canada. » Pour quatre mois, j’ai pleuré tous les jours pour réussir à obéir.

Aujourd’hui, cette façon d’obéir, serait impensable. Quand il nous est demandé quelque chose qui ne nous convient pas, nous pouvons le dire dans un dialogue avec la personne responsable. Il m’est arrivé une occasion où on m’a très mal demandé quelque chose. J’ai réagi bien sûr, mais je me suis dit : « quand j’ai fait le vœu d’obéissance, je n’ai pas dit « Je fais le vœu d’obéissance, à condition qu’on me le demande bien. Non, j’ai fait le vœu d’obéissance sans conditions ». Cette pensée m’a aidée à vivre ce qu’on me demandait
Il nous arrive à tous de promettre des choses dans notre jeunesse, sans en connaître les conséquences. Mais Dieu nous devance, il nous poursuit et il nous entoure. De cela nous pouvons en être sûrs.

Bonne année de vie consacrée à chacun et chacune de nous, puisque nous avons tous à mener une vie consacrée. C’est la promesse que nos parents, parrain et marraine ont faite à notre place, à notre baptême.

Sr Jeannine Valléau, sscj - Canada



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